Les analyses de miel

Des échantillons de tous les miels récoltés dans les différents ruchers du programme Abeille Sentinelle de l’Environnement sont analysés chaque année par des laboratoires spécialisés. Ces analyses permettent d’appréhender différents paramètres comme le taux d’humidité, les compositions en sucres et bien naturellement le spectre pollinique, essentiel,  qui permet de déterminer en grande partie l’origine florale de la plupart des miels récoltés. Les  résultats de ces analyses varient d’une année à l’autre et dépendent des conditions climatiques et de l’environnement végétal qui favorisent certaines miellées au détriment d’autres.

 

Le taux d’humidité

Lorsque le nectar est butiné par les abeilles il est très humide et contient plus de 80 pour cent d’eau. Pour le dessécher, les abeilles se l’échangent entre elles et la ventilation qu’elles effectuent dans la ruche permet de le ramener à moins de 18 pour cent d’humidité. A ce stade, le miel est mur et peut se conserver durablement. Il est alors stocké dans les alvéoles qui sont obturées par un fin opercule de cire que les abeilles fabriquent avec leurs glandes cirières.

Selon les années, ce taux d’humidité est plus ou moins bas.  En année dite « normale », il se situe entre 16,5 et 18 %. 

 

 

Le HMF

Ce paramètre au nom barbare, l’hydroxyméthylfurfural, provient de la dégradation des monosaccharides et plus particulièrement du fructose. Il permet aux chimistes d’évaluer la fraicheur des miels.  La norme européenne indique qu’un miel ne doit pas contenir plus de 40 mg d’HMF par kilo. Tous les miels issus des partenariats Abeille Sentinelle de l’Environnement sont bien sur très frais ! Leur teneur oscille entre  0, 90 mg et 5 mg/kg.

 

 

 

Les sucres

Comme tous les miels, les miels récoltés sur les ruchers Abeille Sentinelle de l’Environnement peuvent contenir plus d’une vingtaine de sucres différents. Le fructose est en moyenne le plus représenté, suivi de près par le glucose. Le saccharose, est normalement très peu présent hormis dans certains miels comme ceux de pissenlit ou de lavande, pour lesquels la teneur en saccharose est d’autant plus élevée que la miellée a été intense. Les autres disaccharides ou trisaccharides, maltose, erlose, isomaltose, melibiose, raffinose, turanose, kestose… sont présents en petite quantité.

C’est cette grande diversité de sucres, bien assimilables par l’organisme qui fait la valeur du miel.

 

 

L’analyse pollinique

Les pollens représentent une part infinitésimale du miel, moins de 0,1 pour cent de la masse. Mais l’identification de ceux-ci réalisés par des palynologues érudits possédant une savante connaissance des grains de pollens qu’ils parviennent à distinguer et à reconnaitre sous microscope en fonction de leur forme, de leur taille ou de leur apparence, permet d’appréhender l’origine florale des miels récoltés. On distingue trois types de pollens les pollens dominants, les pollens d’accompagnement et les pollens isolés ou rares. 

Tous les résultats confirment la grande biodiversité végétale présente dans les villes puisque les ruchers Abeille Sentinelle de l’Environnement sont situés pour la plupart en milieu urbain : On dénombre ainsi plus d’une dizaine d’essences différentes dans les miels urbains. On recense fréquemment des pollens d’arbres très présents aux alentours des ruchers comme les tilleuls, les marronniers, les érables,  les chênes, les pins, les acacias…

On observe de plus en plus souvent et sous toutes les latitudes la présence très fréquente du Gleditschia, ou févier d’Amérique. Cet arbre doté de terribles pointes acérées de plusieurs centimètres de long, et portant des fruits en forme de haricot est en train de s’implanter dans la France entière. Il est ainsi répertorié à Besançon, au château Larose-Trintaudon, à Noisy le grand à Joinville le pont, à la base de Bois le roi, au Botanic d’Avignon ou à Monaco…

A Clermont Ferrand ou à l’aéroport de Roissy, les aubépines font le bonheur des abeilles.

Et puis émergent çà et là des spécificités locales comme les tamaris à la Maison des vins sur la route de l’Espiguette en Camargue ou le pistachier à Monaco en pollens dominants.

Enfin, chez tous les partenaires, en fonction des influences climatiques,  on répertorie une grande diversité de plantes sauvages visitées par les abeilles : bourdaine, campanule, ciste, coquelicots, lierre, molène, myosotis, nerprun, romarin, ronces, plantain, seringat, trèfle blanc, troène, tulipier, vigne vierge, vipérine…

 

L’analyse pollinique permet d’identifier les espèces végétales qui ont contribué à l’élaboration du miel, en revanche cette seule analyse ne permet pas d’en déterminer l’appellation florale car certains miels contiennent très peu de grains de pollen.

C’est le cas des miels d’acacia ou de  lavande.

A l’inverse, les pollens de châtaignier sont, eux, omniprésent mais  attention, comme ce pollen est très volatile puisqu’on peut en retrouver à 10 000 mètres d’altitude, sa présence dans un miel même en pollen dominant n’implique en aucune façon que le miel récolté est un miel de châtaignier. In fine, seul un examen organoleptique permet de déterminer l’appellation.